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Bactéries Multirésistantes En Réanimation: Tendances Epidémiologiques et Antibiorésistance au CHU Hassan II de FèEl ouarti salaheddine*, Benatiya Andaloussi Fatima Zahra*, Kouara Sarra*, Yahyaoui Ghita*, Mahmoud Mustapha* *Service de Microbiologie mé

Authors

El ouarti salaheddine*, Benatiya Andaloussi Fatima Zahra*, Kouara Sarra*, Yahyaoui Ghita*, Mahmoud Mustapha*
*Service de Microbiologie médicale, Laboratoire Central d’analyses médicales, Centre hospitalo-universitaire Hassan II, Faculté de médecine, de pharmacie et médecine dentaire, Université Sidi Mohammed Ben Abdellah Fès, Maroc.

Article Information

*Corresponding author: El Ouartı Salaheddıne, Service de Microbiologie médicale, Laboratoire Central d’analyses médicales, Centre hospitalo-universitaire Hassan II, Faculté de médecine, de pharmacie et médecine dentaire, Université Sidi Mohammed Ben Abdellah Fès, Maroc.

Received: May 25, 2026           |      Accepted: June 08, 2026         |     Published: June 10, 2026

Citation: El ouarti salaheddine, Fatima Zahra, Kouara Sarra B A, Ghita Y, Mustapha M. (2026) “Bactéries Multirésistantes En Réanimation: Tendances Epidémiologiques et Antibiorésistance au CHU Hassan II de Fès” Journal of Microbiology and Biochemistry, 2(1); DOI: 10.61148/MBB/004.

Copyright: © 2026 El Ouartı Salaheddıne. This is an open access article distributed under the Creative Commons Attribution License, which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original work is properly cited.

Abstract

Introduction : Les bactéries multirésistantes (BMR) représentent un problème majeur de santé publique en raison de leur potentiel de diffusion en milieu hospitalier et du nombre limité d’antibiotiques encore actifs. La surveillance microbiologique et épidémiologique des BMR constitue un outil essentiel pour orienter les stratégies d’antibiothérapie et les mesures de prévention. L’objectif de cette étude était de décrire le profil des BMR isolées en réanimation du CHU Hassan II de Fès sur la période du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2024.

Matériels et méthodes : Une étude rétrospective a été menée au laboratoire de microbiologie du CHU Hassan II de Fès. L’ensemble des prélèvements microbiologiques de diagnostic reçus durant l’année 2023-2024 ont été inclus. Les isolats bactériens ont été identifiés et testés par antibiogramme selon les recommandations EUCAST/CA-SFM en vigueur. Les données démographiques, microbiologiques et épidémiologiques ont été extraites à partir des registres de bactériologie.

Résultats : Au total, 2539 prélèvements positifs ont été traités durant l’année 2023-2024. Parmi eux 788 étaient des BMR, correspondant à une prévalence globale de 31%. Les principales BMR identifiées appartenaient aux entérobactéries sécrétrices de bêta-lactamases à spectre étendu (EBLSE), aux entérobactéries productrices de carbapénémases, à Acinetobacter baumannii et à Pseudomonas aeruginosa multirésistants, ainsi qu’à Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM).

Conclusion : La forte prévalence des BMR observée aux réanimations du CHU Hassan II de Fès souligne l’importance du renforcement de la surveillance microbiologique et des politiques d’antibiogouvernance. Une meilleure maîtrise des mesures de prévention des infections et des stratégies d’utilisation des antibiotiques est indispensable afin de limiter la diffusion des BMR dans les secteurs à haut risque.

 

Keywords:

Bactéries multirésistantes; Antibiorésistance; Surveillance microbiologique; Épidémiologie hospitalière; Réanimation

Introduction:

De nos jours, l’antibiorésistance constitue l’un des défis majeurs de santé publique à l’échelle mondiale [1]. La perte d’efficacité des antibiotiques, liée à l’émergence et à la diffusion de souches bactériennes multirésistantes, menace les progrès accomplis dans les soins médicaux modernes et fragilise la prise en charge des maladies infectieuses.

L’augmentation de ces phénotypes s’accompagne d’une hausse de la morbidité, de la mortalité et des coûts de santé, tout en compromettant la sécurité des patients hospitalisés [1].

Les bactéries multirésistantes (BMR) correspondent à des souches ayant acquis des mécanismes de résistance à plusieurs familles d’antibiotiques, réduisant considérablement les options thérapeutiques disponibles. Selon les définitions internationales, une bactérie est qualifiée de multirésistante lorsqu’elle présente une résistance à au moins trois classes d’antibiotiques, avec possibilité d’évolution vers des phénotypes à résistance très étendue ou panrésistante [2].

À l’échelle internationale, la progression des BMR est favorisée par l’usage massif et parfois inapproprié des antibiotiques, la sélection de souches en contexte d’hospitalisation prolongée et les capacités de dissémination de certains déterminants génétiques de résistance [3]. Les unités de réanimation sont particulièrement concernées en raison de la sévérité des patients, de la fréquence des infections associées aux soins, du recours aux dispositifs invasifs et de l’utilisation intensive d’antibiotiques à large spectre. Dans ces secteurs à haut risque, la surveillance microbiologique et les programmes de bon usage des antibiotiques constituent des outils essentiels pour maîtriser l’écologie bactérienne et limiter la diffusion des résistances [4].

Dans ce contexte, l’analyse des tendances locales d’antibiorésistance revêt une importance stratégique pour orienter la politique d’antibiothérapie, adapter les mesures de prévention et renforcer les stratégies de contrôle des infections en milieu hospitalier.

Matériels et Méthodes :

Cette étude a été menée au laboratoire de microbiologie du CHU Hassan II de Fès. Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive et observationnelle réalisée sur une période de deux ans, du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2024. L’objectif était de décrire le profil microbiologique des infections à bactéries multirésistantes (BMR) isolées chez des patients hospitalisés en réanimation.

Pour chaque prélèvement positif à bactéries multirésistantes (BMR), les caractéristiques démographiques, les données cliniques, les résultats biologiques, les informations thérapeutiques ainsi que l’évolution des patients ont été extraites à partir des dossiers médicaux, des registres de bactériologie et du dossier médical informatisé (Hosix), garantissant l’exhaustivité et la fiabilité des isolats inclus. Nous avons inclus l’ensemble des prélèvements positifs issus de patients du service de réanimation, comprenant les prélèvements respiratoires (PDP, crachats et liquides bronchoalvéolaires, hémocultures, urines, prélèvements de pus et cathéters). Les prélèvements réalisés dans le cadre du dépistage de portage nasal ou digestif ont été exclus.

L’étude a ciblé quatre catégories de BMR : Entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu (E-BLSE) ou carbapénèmes (EPC), Acinetobacter baumannii résistant à l’imipénème (ABRI), Pseudomonas aeruginosa résistant à la ceftazidime et/ou à l’imipénème (PAMR) et Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM).

Au laboratoire, les échantillons ont été traités selon des procédures standardisées. Les échantillons urinaires ont été ensemencés à l’aide d’une anse calibrée de 10 μL en dénombrement, tandis que les prélèvements respiratoires ont été fluidifiés, dilués et ensemencés en étoile. Les autres prélèvements ont été traités selon la technique des cadrans. Le choix des milieux dépendait du type de prélèvement et incluait des géloses ordinaires, sélectives ou enrichies. L’identification bactérienne reposait sur l’étude des caractères morphologiques, culturaux et biochimiques, complétée par une identification automatisée via le système Phoenix 100 (Becton Dickinson). Les hémocultures ont été incubées dans le système BD Bactec® jusqu’à détection, puis ensemencées sur géloses au sang.

La sensibilité aux antibiotiques a été déterminée par antibiogramme automatisé en milieu liquide et par diffusion en milieu gélosé Mueller-Hinton. L’interprétation des profils de sensibilité a été réalisée selon les recommandations du Comité de l’antibiogramme de la Société Française de Microbiologie (CA-SFM/EUCAST 2023-2024). Les bactéries à croissance lente ont été testées sur MH-F enrichi en sang de cheval et NAD.

Dans une seconde étape, les tests de sensibilité ont été complétés par des investigations approfondies visant à explorer les mécanismes de résistance. Pour certaines souches suspectes de résistance aux carbapénèmes, des tests rapides immunochromatographiques ont été réalisés afin de détecter la présence de carbapénémases, notamment les principaux types rencontrés au sein des entérobactéries et des bacilles non fermentant tels que KPC, NDM, VIM et OXA-48. Dans certains cas, une identification moléculaire des gènes de résistance a également été effectuée pour confirmer les résultats phénotypiques ou préciser le mécanisme de résistance impliqué. Les données obtenues ont fait l’objet d’analyses statistiques afin d’identifier les tendances et les corrélations éventuelles entre les profils de résistance et les caractéristiques cliniques des patients. Cette approche méthodologique vise à mieux comprendre les mécanismes impliqués dans les infections à BMR en réanimation et à contribuer à l’élaboration de stratégies de prévention et de prise en charge plus ciblées.

Resultats :

Au CHU Hassan II de Fès, les infections documentées en réanimation (n=2539) étaient dominées par les pneumopathies (n=943), suivies par les infections urinaires (n=792) et les bactériémies (n=361). Les infections suppurées (n=202), les infections liées aux cathéters (n=106), les infections des liquides de ponction (n=97) et les méningites (n=38) étaient moins représentées. La proportion de bactéries multirésistantes (BMR) variait selon la localisation infectieuse, atteignant 57 % pour les pneumopathies, 51 % pour les infections urinaires et 33 % pour les bactériémies et 30 % les infections des liquides de ponction. Des taux plus faibles étaient observés dans les infections suppurées (25 %), les infections liées au cathéters (17 %) et les méningites (8 %). La distribution globale des BMR retrouvées en réanimation était dominée par les entérobactéries (52 %), suivies par Acinetobacter baumannii (32 %), Pseudomonas aeruginosa (10 %) et le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) (6 %).

L’analyse de la répartition des BMR selon le site infectieux à Fès montre une distribution distincte selon le foyer d’infection. Les infections urinaires étaient largement dominées par les entérobactéries, représentant 94 % des BMR isolées. En revanche, les pneumopathies nosocomiales et les infections liées aux cathéters étaient majoritairement associées à Acinetobacter baumannii multirésistant, avec des proportions respectives de 78 % et 75,8 %, tandis que les entérobactéries y représentaient 21,8 % et 24 %. Ces résultats mettent en évidence une variation de l’écologie bactérienne multirésistante selon le site infectieux en réanimation.

Les entérobactéries multirésistantes présentaient des profils de résistance élevés face à plusieurs familles d’antibiotiques avec un taux de résistance de 81 % à l’amoxicilline (AMX) et de 62 % à l’amoxicilline–acide clavulanique (AMC). La résistance aux céphalosporines de troisième génération (ceftriaxone, CRO) était de 21 %, tandis qu’elle atteignait 20 % pour le céfépime (FEP). Les taux de résistance observés étaient de 24 % pour la ciprofloxacine (CIP), 38 % pour le cotrimoxazole (SXT) et 19 % pour la gentamicine (GN). En revanche, des taux plus faibles étaient enregistrés pour l’imipenème (6 %) et l’amikacine (6 %) .

La répartition des entérobactéries productrices de BLSE, représentant environ un tiers des résistances aux céphalosporines de troisième génération, variait selon le site infectieux. Les infections urinaires constituaient le principal foyer (51 %), suivies des pneumopathies (20 %), des bactériémies (13 %), des infections suppurées (12 %) et des infections liées aux cathéters vasculaires (4 %).

Les entérobactéries productrices de carbapénèmes (EPC) représentaient 23 % des entérobactéries résistantes aux C3G (n=113). Les mécanismes de résistance identifiés étaient dominés par les phénotypes NDM (40 %) et OXA-48 (20 %), ainsi que par les co-productions OXA-48 + NDM (39 %). Une évolution temporelle notable était observée avec une augmentation des souches NDM entre 2023 (37 %) et 2024 (49 %). Les EPC étaient principalement impliqués dans les pneumopathies (36 %), les infections urinaires (33 %), les bactériémies (11 %) et les infections suppurées (13 %). Ce profil souligne une contribution majeure des entérobactéries dans les infections respiratoires et urinaires en réanimation.

Les isolats d’Acinetobacter baumannii multirésistant (n=252) provenaient majoritairement de pneumopathies (56 %), d’infections suppurées (16 %), d’infections liées au catheter (16 %) de bactériémies (7 %) et d’infections urinaires (4%). Les souches présentaient des taux de résistance très élevés vis-à-vis des bêta-lactamines (céftazidime et céfépime : 100 % ; pipéracilline-tazobactam : 98 %), des carbapénèmes (imipénème et méropénème : 98 %), des fluoroquinolones (ciprofloxacine : 98 %) et des aminosides (amikacine : 95 % ; gentamicine : 98 %). La colistine demeure la molécule la plus active in vitro, avec seulement 1 % de résistance.

Concernant Pseudomonas aeruginosa, les principales localisations infectieuses étaient les infections suppurées (52 %) et les pneumopathies (19 %), suivies des infections urinaires (12 %), le profil de résistance de Pseudomonas aeruginosa montrait des taux variables selon les antibiotiques testés. La résistance était de 28 % à la ceftazidime (CAZ), 16 % au céfépime (FEP) et 7 % au piperacilline–tazobactam (PTZ). Concernant les carbapénèmes, les taux de résistance étaient de 14 % pour l’imipénème (IMP) et de 12 % pour le méropénème (MERO). La résistance à la ciprofloxacine (CIP) atteignait 29 %, tandis qu’elle était de 13 % pour la gentamicine (GN) et de 32 % pour l’amikacine (AK).

Enfin, le Staphylococcus aureus était principalement isolé à partir des infections suppurées (35 %), des bactériémies (20 %) et des pneumopathies (15 %). Le taux de SARM atteignait 6 %, tandis que les glycopeptides (vancomycine, teicoplanine), la linezolide et la gentamicine conservaient une activité in vitro complète ou élevée.

Répartition des BMR et des souches sensibles selon le site infectieux

Discussion :

Les résultats de notre étude ont mis en évidence une forte prévalence des bactéries multirésistantes en réanimation, avec des proportions atteignant 57 % dans les pneumopathies et 51 % dans les infections urinaires. Ces taux apparaissent élevés mais s’inscrivent dans la dynamique mondiale actuelle d’augmentation de l’antibiorésistance décrite dans les grandes analyses internationales [5,6]. En Europe, les données issues des services de réanimation montrent également une prédominance des bacilles à Gram négatif résistants, notamment dans les pneumopathies associées à la ventilation mécanique, bien que les proportions rapportées soient globalement inférieures à celles observées dans notre série [6,13]. À l’échelle africaine, plusieurs travaux récents confirment des niveaux de résistance particulièrement élevés en milieu hospitalier, en particulier pour les bacilles à Gram négatif, traduisant une pression antibiotique importante et des dispositifs de contrôle encore hétérogènes [11]. Ainsi, la prévalence observée dans notre étude s’intègre dans cette tendance régionale d’augmentation des résistances en milieu critique.

La répartition des BMR selon le site infectieux met en évidence une écologie distincte selon le foyer. Les infections urinaires étaient très largement dominées par les entérobactéries, ce qui concorde avec les recommandations internationales identifiant Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae productrices de BLSE comme les principaux agents des infections urinaires nosocomiales [7]. À l’inverse, les pneumopathies nosocomiales et les infections liées aux dispositifs invasifs étaient majoritairement associées à Acinetobacter baumannii multirésistant. Cette prédominance respiratoire d’Acinetobacter est largement rapportée dans la littérature internationale, où ce pathogène est devenu un acteur majeur des infections associées à la ventilation mécanique, notamment dans les pays à ressources limitées [9]. En Europe, les pneumopathies de réanimation restent dominées par les bacilles à Gram négatif, incluant Pseudomonas aeruginosa et les entérobactéries, mais la proportion d’Acinetobacter varie selon les centres et les contextes épidémiologiques [6,13].

Concernant les entérobactéries multirésistantes, notre taux de résistance aux céphalosporines de troisième génération avoisinait 21 %, avec une proportion importante de BLSE représentant environ un tiers des résistances aux C3G. Ces résultats sont comparables aux tendances décrites dans les recommandations internationales et les données européennes récentes [7,8]. La diffusion des BLSE demeure un enjeu majeur en réanimation, y compris dans les pays disposant de programmes structurés de bon usage des antibiotiques [13]. La forte implication des BLSE dans les infections urinaires dans notre série rejoint les observations classiques décrivant l’uro-pathologie comme principal réservoir des entérobactéries productrices de BLSE [7].

La prévalence des entérobactéries productrices de carbapénémases dans notre étude (23 % des entérobactéries résistantes aux C3G) est particulièrement préoccupante. Les carbapénémases identifiées étaient dominées par les mécanismes NDM et OXA-48. Cette distribution est cohérente avec les tendances décrites en Afrique du Nord et dans plusieurs régions du monde [8,12]. Les recommandations internationales soulignent que l’émergence de ces phénotypes limite considérablement les options thérapeutiques disponibles et impose le recours à des molécules de dernier recours [10]. La présence croissante de ces mécanismes dans notre série souligne le risque d’impasse thérapeutique et la nécessité d’une politique rigoureuse dans l’usage des antibiotiques en milieu de réanimation.

Acinetobacter baumannii multirésistant représentait 32 % des BMR isolées, avec une prédominance dans les pneumopathies (56 %). Ce profil correspond aux données de la littérature décrivant une implication majeure d’ Acinetobacter baumannii dans les infections respiratoires en réanimation, avec des taux très élevés de résistance aux carbapénèmes dans plusieurs pays africains [9,11]. Dans notre étude, les résistances aux bêta-lactamines, carbapénèmes, fluoroquinolones et aminosides étaient particulièrement élevées, la colistine demeurant la molécule la plus active in vitro. Ce schéma est typique des souches à résistance étendue décrites dans la littérature[9,10].

La prévalence de Pseudomonas aeruginosa multirésistant dans notre étude était modérée. Les résistances observées aux carbapénèmes et aux fluoroquinolones sont comparables à celles rapportées dans les recommandations internationales et les séries européennes récentes [7,13].

Enfin, Staphylococcus aureus était principalement isolé à partir des infections suppurées et des bactériémies dans notre série, avec un taux de SARM de 6 %. Ce taux apparaît inférieur aux données européennes récentes rapportées par l’ECDC, où la proportion de SARM parmi les isolats de S. aureus atteint environ 23,7 % dans les infections associées aux soins [14]. En revanche, il demeure comparable à certaines séries hospitalières africaines, notamment en Afrique du Sud, où une prévalence de 8,04 % a été observée, avec une prédominance d’isolats issus d’écouvillons superficiels et de plaies [15]. Les programmes de prévention et de contrôle des infections ont contribué à une stabilisation, voire une diminution progressive du SARM dans plusieurs pays européens [14]. Ces données confirment l’importante hétérogénéité épidémiologique du SARM selon les pays, les contextes hospitaliers et les populations étudiées.

Dans l’ensemble, nos résultats confirment que l’écologie bactérienne en réanimation au CHU Hassan II de Fès est dominée par les bacilles à Gram négatif multirésistants, avec une contribution majeure des entérobactéries et d’Acinetobacter baumannii. La forte proportion de BLSE et l’émergence des carbapénémases de type NDM et OXA-48 s’inscrivent dans la dynamique mondiale actuelle de progression de l’antibiorésistance [5,8].

Conclusion :

Cette étude révèle une charge importante de bactéries multirésistantes dans nos services de réanimation, dominée par les bacilles à Gram négatif. La forte représentation d’Acinetobacter baumannii multirésistant constitue un élément central de l’écologie bactérienne locale et représente un véritable défi thérapeutique. La fréquence élevée des entérobactéries productrices de BLSE, associée à l’émergence de carbapénémases de type NDM et OXA-48, témoigne d’une évolution préoccupante de la résistance. Le renforcement du bon usage des antibiotiques ainsi que des mesures de prévention des infections associées aux soins apparaît donc indispensable afin de freiner la progression des BMR en réanimation.

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